5 décembre 2009

Les maîtres mots de Florence Miailhe

filmOn pourra observer que les artistes un peu décalés, singuliers, au regard des pratiques numériques, tiennent une place d’honneur chez les e.magiciens. Ici, on aime la créativité et ça se sent. Jérôme Lefdup, cette année, en a été la démonstration. Mais n’oublions pas Florence Miailhe, invitée d’honneur de l’année passée, qui est revenue pour cette 11e édition nous exposer son oeuvre à travers plusieurs animations.
Dès les premières images, on peut comprendre que la peinture chez Florence Miailhe est ce que la musique est à Jérôme Lefdup : un point de départ, la matière première. Peintre avant tout, la technique de pastels et acryliques est au coeur même de ses films.
Depuis «Hammam», son premier court métrage, la démarche est simple : mettre en mouvement sa peinture, animer chacun de ses traits. Et pour cela, on peut dire qu’elle fait part d’une sacrée dose de patience. Animées directement sous une caméra 35mm, on a du mal à concevoir le nombre de peintures qu’elle doit réaliser pour ces animations. Chaque scène et mouvement décomposé est un nouveau tableau. Une série impressionnante de peintures éphémères dont les couches s’accumulent recouvrant au fur et à mesure les précédentes. Ce travail de retouches successives semble engager une réflexion intéressante sur la trace. Celle-ci est visible. Tous les recouvrements de traits se devinent et manifestent le mouvement à travers ses diverses positions dans le temps. On aurait été curieux d’observer « l’objet tableau» final issu de cette sédimentation artistique.
Avec ces traits «vibrants», elle illustre son vécu, des contes et autres narrations et nous plonge dans un univers poétique et sensible..