Les reportages de ENSA Marseille

Une Battle R, c’est…

quelques chiffres de Miss Sarah (nous voulons protéger sa vie privée), une membre d’une équipe de Battle R

° Avaler 49 cm… de carambars. A raison de 1,5 blagues par emballage : ça fait 10,5 blagues ajoutées à la blagothèque.
° Passer 140400 secondes devant un pc soit l’équivalent de 26 matches de foot (put***, j’ai raté Milan -OM en plus)
° 210600 clics
° 13000 Clignements d’yeux soit un effet papillon non négligeable 
° Un cubi 3L de café.
° 2 plantages réseau pendant 2 heures
° 40 cigarettes soit une méga cigarette de 3m50 de long
° 1km aller retour aux toilettes ça use, ça use un autre kilomètre pour aller fumer, ça use les souliers
° 4 crises de nerfs
° 600 fois la commande Ctrl (pomme) + Z
° 3 paquets de chouchous
° 0 sieste car pas de place pour la sieste
° 12 heures de sommeil

L’abus de travail est mauvais pour la santé. A consommer avec modération.
(un message de l’AMCS (Association Mondiale Contre le Surmenage)

Pensée secrète ou Lefdup (presque) droit au but !

En prendre plein les yeux c’est un peu à quoi on peut s’attendre en venant ici.
Je n’imaginais cependant pas être confrontée à une irrésistible envie de prendre mes jambes à mon cou lors de la première vidéo de Jérôme Lefdup mercredi soir.
Trop de tout, pas de respiration.
Je ne sais pas ce qui m’a retenue, la curiosité ? l’ambiance de la salle? en tous cas, je suis restée et je ne l’ai pas regretté.
Petit à petit, tout commence à prendre sens : la musique, les couleurs, les images.
Tout ce qui le traverse devient matériau au service de ses concepts parfois complètement décalés mais souvent très drôles.
C’est ce qui m’a semblé…
Aucun tabou, aucun filtre autre que celui de la création.
Moi, ça me suffit pour adorer.

Sita sings the blues, le film que j’ai le plus aimé.

Une animation surprenante qui raconte un mythe indien.
Alors que le film est en langue anglaise, la réalisatrice a souhaité conserver l’accent indien afin de garder une cohérence entre le fond et la forme du film.
Ce qui m’a intéressé, c’est que l’histoire est racontée dans différents styles d’animation: les narrateurs, des silhouettes en noir ornes de symboles mythologiques, les personnages principaux, déclines en plusieurs style graphiques, parfois simplifiés, parfois composés, parfois venant de la mythologie indienne.
Ce mélange agréable, a pour but, a mon avis, d’intéresser a la fois les enfants, les adultes et les initiés de la culture indienne.
Étonnement, il existe de temps en temps des contrastés entre la violence incluse et l’environnement joyeux de la scène.

Le son de Cécile Le Prado

Cécile Le Prado

Compositeur et sound designer, Cécile Leprado a commencé par le théâtre. Elle s’intéresse à la musique vocale et acoustique. Elle est actuellement enseignante à l’école de jeu vidéo d’Angoulême : l’EMJNIM en master de design sonore. Chaque année ses cinq élèves participent à la Battle R afin de gérer le son des animations. Cécile appartient au comité de pilotage des e-magiciens depuis des années et a été l’invité d’honneur en 2005.
Abordant la question de son regard sur la progression de l’art numérique, elle nous raconte ses débuts au magnéto ou revock au conservatoire. Elle se rassure en affirmant que l’ordinateur a simplifié énormément de chose et «Finalement les bons logiciels sont ceux qui réunissent des personnes différentes autour d’une même domaine. L’architecte, le designer et l’artiste peuvent travailler sur le même logiciel». Cécile s’intéresse beaucoup à l’environnement sonore dans les jeux vidéos et s’étonne que les moteurs audio spécifiques aux jeux vidéos ne soient pas réutilisés ailleurs.
Soumise à notre agaçante et récurrente question : «Et l’architecture dans tout ça ?», elle nous explique qu’aborder beaucoup plus cet aspect dans son travail personnel où les problématiques d’espace sont au centre de sa réflexion. Elle s‘attache particulièrement à la spatialisation des sons et la mémoire des lieux. Ses travaux prennent souvent la forme d’installation faisant appel à l’audition du spectateur. Son travail entretient une relation au paysage et se manifeste sous forme plastique et numérique. La crypte du Phénix a d’ailleurs été le réceptacle d’une de ses installations : Triangle d’incertitude.

La Battle R, C’est quoi ?

battle RPour nous éclairer sur cette question, nous avons rencontré Marcel Villoing, directeur adjoint des Gobelins
et coordinateur de la Battle R.

Lors des premières éditions des e.magiciens, il n’y avait que l’animation chaînée, très rapidement l’idée de développer un travail interactif pour les web-designers, avec évidement quelques différences, a donné naissance à la Webjam. Le sujet est donné au dernier moment, la possibilité de préparation est quasi nulle et l’exercice consiste en la création d’une application flash. Cette année la battle R a renforcé l’interactivité entre les différents travaux par l’intermédiaire d’une plateforme commune : un immeuble composé de cases/fenêtres. C’est un retour à une chose plus ciblée. Les participants doivent élaborer une interface pour une même application, n’existant que pour elle-même. Chaque équipe s’exprime à l’intérieur de sa case, mais également sur tout le reste de l’interface. Le déclenchement d’une fenêtre animation/interface se superpose à la précédente, ainsi se développe une véritable bataille/jeu entre les animations. Les équipes, au nombre de douze se composent d’un graphiste, d’un développeur pris dans les dix écoles participantes. Il s’agit de créer un «  objet» multimédia, qui fait appel à un rassemblement de compétences. Cette mise en situation prépare à la vie professionnelle. Les participants doivent se consulter et anticiper leurs commandes d’environnement sonore auprès des étudiants sound designers de l’ENJMIN.

Flash People

Natalie Kosciusko-Morizet,

Hier matin, la secrétaire d’État Natalie Kosciusko-Morizet, est venue rendre visite aux e.magiciens.
Accompagnée de Anne-Marie Fontenier, la commissaire générale, elle constate le haut niveau de mise en oeuvre des nouvelles technologies dont elle est responsable au gouvernement.
En se faufilant à travers la foule de photographes et journalistes et grâce à Marie-Anne Fontenier, nous avons pu parvenir jusqu’à elle.
Ce type de festival est vraiment très intéressant, nous confie t-elle, car la rencontre entre étudiants et professionnels est indispensable pour l’avenir du pays.
A la suggestion d’organiser différents colloques de ce type, elle nous répond qu’avant la réalisation de ceux-ci, il faudrait restructurer un peu mieux notre marché. Car le problème, nous explique t-elle est que les jeunes créateurs français partent à l’étranger mais ne reviennent pas, ce qui se traduit par un maillon manquant.
Pour clore cet interview privilégié, nous avons voulu savoir la raison de son poste au ministère de la Prospective et du développement de l’économie numérique.
Elle nous répond : «Il n’y a pas vraiment de scientifique dans le politique […] et lorsque je suis arrivée dans ce milieu on m’a dit : tu es polytechnicienne ? Tu vas comprendre !».
On peut être investi dans le monde numérique sans être expert, car il y a ici un aspect intuitif.
L’aparté terminé, elle finit sa visite et se prête à un interview télévisé au sein même du Phénix.

Face a: Christian Jacquemart

Comment avez-vous choisi les conférenciers ?
- Christian Jacquemart : L’intention de cette conférence est de présenter aux étudiants ce que font les professionnels.
J’ai choisi des intervenants appartenant au domaine de l’animation, de la télévision, mais aussi des artistes originaux. (Cette année ce sera Florence Miailhe, artiste peintre qui a le projet de réaliser un long métrage).
C’est aussi l’occasion de découvrir des grosses boîtes d’effets visuels tel que Double Négative, à Londres ou Mac Guff Ligne, en France.
On visionne des grands projets comme des petits, internationaux ou pas, ce qui nous permet d’avoir une palette éclectique, qui reflète assez bien l’animation.
Pourquoi les effets spéciaux ?
- C J : En fait les effets spéciaux ont toujours existé, on devrait plutôt parler d’effets visuels. C’est l’équivalent des effets optiques avant les effets numériques.
Cette technique permet de faire des économies et d’épargner des problèmes de cascades.
Et l’architecture dans tout ça ?
C J : Il est vrai que dans l’animation, cela nous arrive de modéliser des villes entièrement. Ce qui pourrait ressembler à un travail d’architecte. Selon les envies on peut soit reproduire à l’identique (afin de recréer un lieu pour une scène bien précise) soit s’inspirer de l’architecture afin de créer un environnement imaginaire.
Tout dépend de votre intention, si elle est plutôt artistique ou réaliste…et aussi de votre budget !

Les maîtres mots de Florence Miailhe

filmOn pourra observer que les artistes un peu décalés, singuliers, au regard des pratiques numériques, tiennent une place d’honneur chez les e.magiciens. Ici, on aime la créativité et ça se sent. Jérôme Lefdup, cette année, en a été la démonstration. Mais n’oublions pas Florence Miailhe, invitée d’honneur de l’année passée, qui est revenue pour cette 11e édition nous exposer son oeuvre à travers plusieurs animations.
Dès les premières images, on peut comprendre que la peinture chez Florence Miailhe est ce que la musique est à Jérôme Lefdup : un point de départ, la matière première. Peintre avant tout, la technique de pastels et acryliques est au coeur même de ses films.
Depuis «Hammam», son premier court métrage, la démarche est simple : mettre en mouvement sa peinture, animer chacun de ses traits. Et pour cela, on peut dire qu’elle fait part d’une sacrée dose de patience. Animées directement sous une caméra 35mm, on a du mal à concevoir le nombre de peintures qu’elle doit réaliser pour ces animations. Chaque scène et mouvement décomposé est un nouveau tableau. Une série impressionnante de peintures éphémères dont les couches s’accumulent recouvrant au fur et à mesure les précédentes. Ce travail de retouches successives semble engager une réflexion intéressante sur la trace. Celle-ci est visible. Tous les recouvrements de traits se devinent et manifestent le mouvement à travers ses diverses positions dans le temps. On aurait été curieux d’observer « l’objet tableau» final issu de cette sédimentation artistique.
Avec ces traits «vibrants», elle illustre son vécu, des contes et autres narrations et nous plonge dans un univers poétique et sensible..

Les maîtres mots de Jérôme Lefdup

Lefdup_1

Jérôme Lefdup est un artiste majeur de la création numérique, il nous paraît important de signaler que sa discipline d’origine est la musique, spécificité que l’on peut ressentir dans toute son oeuvre. Cette idée d’un regard extérieur et singulier (de musicien) sur l’« objet» numérique imprègne toute sa créativité. La musique tient une place centrale dans ses réalisations, elle est l’origine de son travail vidéo-graphique.La musique est littéralement retranscrite par l’image, elle est représentée de la manière la plus simple, sans fioriture. La musique se voit. Les notes se matérialisent en images, se recomposent dans l’espace et le temps, elles n’accompagnent pas l’image, elles sont « image ».Cette création à la dimension expérimentale aux techniques plurielles et hétéroclites s’adosse à une connaissance savante de la nature des images, une maestria.Dans le jeu des rencontres et mixages, nous serons volontiers complices de ce travail ludique.

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C’est devant un écran vert, que nous nous sommes incrustés pour qu’il nous éclaire sur son travail.

JL : Comment définir mon travail ?… avec difficulté. J’ai fait pas mal de choses variées, souvent selon les opportunités. Pendant plusieurs années, j’étais artiste vidéo, puis réalisateur d’émissions télé, d’animations…tout ce qui renvoie aux images et au son…, de VJing, d’animations de concert pour une chanteuse, de clips… un peu dans tous les sens.
Mais, qu’est ce qui a bien pu vous amener à l’univers de la vidéo ?
JL : J’ai fait les art-déco pour être décorateur spécialisé en vidéo mais à l’époque, cela ne débouchait sur rien. J’ai la chance d’avoir débuté à une époque où il fallait innover, définir des nouvelles pratiques avec l’arrivée du PC. Finalement, c’est le hasard plus que la nécessité qui m’a amené à faire ce que je fais.
Et la musique alors, son rôle dans tout ça ?
JL : La vidéo reprend les mêmes processus que la musique, c’en est toujours, ce sont les mêmes règles, quelque chose que l’on perçoit dans la durée, avec un certain rythme.
A l’origine, qu’est ce qui déclenche alors cette créativité ?
JL : Un gros pétard ! (rire)…Mes premiers films sont directement inspirés de la photo stéréoscopique. Par ailleurs à propos du Vjing, il s’agit de partir d’une palette de mouvements de personnages, formes ou images. Et puis il y a aussi l’idée de faire de la musique visuelle. J’aime bien faire feu de tous bois
Mais alors, que signifie véritablement le terme, un peu « barbare » (pour nous étudiants en architecture) de VJing ?
JL : J’en fais tous les jours depuis 25 ans alors qu’à l’époque il n’y avait même pas encore de nom pour le désigner. Maintenant, c’est très simple, le VJing : c’est de la vidéo en direct dans un décor visuel et festif (de la live vidéo), c’est jouer de la vidéo comme on joue de la guitare.
Nous n’avons jamais connu la télévision avec laquelle vous avez grandi, ni celle que vous projetiez ; ainsi que pensez-vous de la télé d’aujourd’hui et son évolution ?
JL : On est content d’y trouver de l’argent, cependant en tant que média actuel, c’est nul. J’étais fan de la télé dès le biberon, j’y croyais. Maintenant, je ne l’ai plus depuis 5 ans ! Elle est devenue une boîte à stars, et une banque pour la création. On a beau acheter des écrans de plus en plus larges, l’image proposée de nos jours est dix fois plus pourrie qu’avant !
Et l’architecture dans tout ça ?
JL : J’ai pu expérimenter la technique de mapping (projections sur surfaces en relief) dans la création d’un concert d’Alicia Keys. Un gros show à l’américaine, c’est sûrement applicable à l’architecture.

Satisfaits de cet échange, nous avons laissé Jérôme retrouver les étudiants de l’animation chaînée qu’il encadre. « Tous super balèzes, ce sont eux qui m’encadrent ! » plaisante t-il. On ne peut que leur souhaiter de devenir des futurs Lefdup.

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FACE A : Marie -Anne Fontenier (commissaire générale des e.magiciens)

Avant tout nous tenons à dire que cet article a été rédigé sous la forme d’un dialogue produit après la rencontre en essayant de rester le plus fidèle possible à ses propos.

Qu’est-ce que les E-magiciens ?

- MA F : Cette année c’est la 11ème édition du festival de la rencontre de la jeune création numérique. Organisé dans un but d’échange entre étudiants et professionnels, sur les pratiques des nouveaux outils dans le domaine numérique. Certains utilisent le numérique pour la représentation, d’autres pour l’animation, ou encore pour le design. De nombreuses écoles d’animation et d’art sont réunies, ce qui apporte une diversité au sein de ce festival, et cela permet aux étudiants de créer de nombreuses relations. Malgré la diversité, il y a une compatibilité entre tous car c’est la création qui nous réunis tous ! Le risque du numérique c’est de ne se rencontrer que sur la toile, or on a besoin de ces échanges entre étudiants. Le melting pot c’est la recette de notre potion magique !

D’où sont nés les E-magiciens ?

- MA F : Dans le temps nous allions tous à Imagina….Mais c’était un festival d’infographie basé sur de la 3D pure et dure.Les premières rencontres ont eu lieu à Montreuil puis au forum de l’image à Paris, ensuite, réalisées dans le nord à Bruxelles puis dans le sud à Milan. Le principe restant la rencontre entre étudiants et professionnels. Depuis ce festival à évolué, resté centré sur la 3D numérique, il a maintenant lieu tous les ans à Valenciennes.

En prime time, mercredi soir :

Les critiques de presse nous présente ce long métrage comme une histoire mélancolique, pleine d’humour, découpée en multiples séquences narratives. La vie de l‘auteur, Nina Paley qui l‘a entièrement écrit et réalisé, permet une lecture plus intime de cette œuvre. D’origine américaine, elle vit en Inde avec son mari jusqu’à leur séparation. Nina nous raconte l’histoire de sa rupture, mise en parallèle avec la légende indienne Ramayana. On trouve une grande liberté d’expression dans l’animation, un mélange de techniques (dessins, papiers découpés) qui différencie chaque séquence. Sita-Nina chante le blues, cet univers musical inattendu dans ce cadre, mais charmant, utilise des chansons Jazz d’ Annette Haushaw des années 1920, et souligne le décalage culturel. Par ce travail titanesque, elle nous situe à la lisière de la réalité occidentale et de la légende indienne. L’histoire est faite d’une savante intrication de séquences différentes, graphismes, bandes sonores,nous offrant un manifeste féministe savoureusement épicé !

Le fil rouge

C’est parti ! Avant même notre arrivée, les créations lives ont commencé pour trois jours de travail non-stop. La Battle R oppose douze équipes de deux étudiants sur un travail de création interactif : chaque groupe devra constituer une des fenêtres (surfaces interactives) d’un immeuble « interface ». Parallèlement, une animation chaînée sollicite 13 équipes de trois étudiants sur le thème de la boite de nuit.