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Pensée secrète ou Lefdup (presque) droit au but !

En prendre plein les yeux c’est un peu à quoi on peut s’attendre en venant ici.
Je n’imaginais cependant pas être confrontée à une irrésistible envie de prendre mes jambes à mon cou lors de la première vidéo de Jérôme Lefdup mercredi soir.
Trop de tout, pas de respiration.
Je ne sais pas ce qui m’a retenue, la curiosité ? l’ambiance de la salle? en tous cas, je suis restée et je ne l’ai pas regretté.
Petit à petit, tout commence à prendre sens : la musique, les couleurs, les images.
Tout ce qui le traverse devient matériau au service de ses concepts parfois complètement décalés mais souvent très drôles.
C’est ce qui m’a semblé…
Aucun tabou, aucun filtre autre que celui de la création.
Moi, ça me suffit pour adorer.

Sita sings the blues, le film que j’ai le plus aimé.

Une animation surprenante qui raconte un mythe indien.
Alors que le film est en langue anglaise, la réalisatrice a souhaité conserver l’accent indien afin de garder une cohérence entre le fond et la forme du film.
Ce qui m’a intéressé, c’est que l’histoire est racontée dans différents styles d’animation: les narrateurs, des silhouettes en noir ornes de symboles mythologiques, les personnages principaux, déclines en plusieurs style graphiques, parfois simplifiés, parfois composés, parfois venant de la mythologie indienne.
Ce mélange agréable, a pour but, a mon avis, d’intéresser a la fois les enfants, les adultes et les initiés de la culture indienne.
Étonnement, il existe de temps en temps des contrastés entre la violence incluse et l’environnement joyeux de la scène.

Les maîtres mots de Florence Miailhe

filmOn pourra observer que les artistes un peu décalés, singuliers, au regard des pratiques numériques, tiennent une place d’honneur chez les e.magiciens. Ici, on aime la créativité et ça se sent. Jérôme Lefdup, cette année, en a été la démonstration. Mais n’oublions pas Florence Miailhe, invitée d’honneur de l’année passée, qui est revenue pour cette 11e édition nous exposer son oeuvre à travers plusieurs animations.
Dès les premières images, on peut comprendre que la peinture chez Florence Miailhe est ce que la musique est à Jérôme Lefdup : un point de départ, la matière première. Peintre avant tout, la technique de pastels et acryliques est au coeur même de ses films.
Depuis «Hammam», son premier court métrage, la démarche est simple : mettre en mouvement sa peinture, animer chacun de ses traits. Et pour cela, on peut dire qu’elle fait part d’une sacrée dose de patience. Animées directement sous une caméra 35mm, on a du mal à concevoir le nombre de peintures qu’elle doit réaliser pour ces animations. Chaque scène et mouvement décomposé est un nouveau tableau. Une série impressionnante de peintures éphémères dont les couches s’accumulent recouvrant au fur et à mesure les précédentes. Ce travail de retouches successives semble engager une réflexion intéressante sur la trace. Celle-ci est visible. Tous les recouvrements de traits se devinent et manifestent le mouvement à travers ses diverses positions dans le temps. On aurait été curieux d’observer « l’objet tableau» final issu de cette sédimentation artistique.
Avec ces traits «vibrants», elle illustre son vécu, des contes et autres narrations et nous plonge dans un univers poétique et sensible..

Soirée de clôture

Soirée d’ouverture : Sita sings the blues

Revoir le film en ligne « Sita sing the blues »

Soirée d’ouverture interviews à chaud

http://www.dailymotion.com/videoxba8e1